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Extrait du Chapitre 7:
LES VÊTEMENTS

Veuillez noter que cet extrait partiel reste la propriété unique des auteurs.


Les premières pages:

Comme dit le bouddhisme, nous ne sommes qu’un amas de propriétés et d’habitudes en continuelle transformation qui habite temporairement un corps de chair et d’os. Cette fausse protection nous englobe, forme notre personnalité et doit être pelée couche par couche. Quand la dernière couche est enlevée et que rien ne reste, le passé peut alors se fondre au présent. Nous sommes cet holomouvement et nous pouvons sentir vibrer le «Rien».

Pour continuer notre voyage cosmique, nous explorerons l’habitude et les effets de l’habillement. Physiquement, les vêtements déforment nos corps, les étouffent et y créent un terrain propice aux maladies. Psychologiquement, les vêtements servent à construire notre ego, à nous rendre plus compétitifs, à diviser les sexes et à augmenter le désir sexuel. Dès l’époque des préhominiens, nous commençons à porter non seulement des vêtements, mais aussi des colliers, des ceintures, des chapeaux, des amulettes et d’autres accessoires pour changer notre apparence. Notre ego d’humain primitif fragmente l’holomouvement de la vie en créant une frontière artificielle entre la peau et le cosmos. Les vêtements et autres ornements accentuent cette séparation. Quand nous devenons une conscience fragmentée, nous nous coupons de notre nature physique profonde et il y a séparation entre l’observateur et l’observé. Notre perception n’est plus immédiate et totale – elle est désormais filtrée à travers l’intervalle espace/temps de notre pensée. Cette fragmentation crée beaucoup de souffrance et d’anxiété. Les vêtements et autres ornements deviennent des façons de construire notre ego et d’échapper à la souffrance.

Avec l’apparition de la conscience conditionnée vient la dépendance aux vêtements. Bien avant de porter des vêtements, nous mettons des colliers, des ceintures et toutes sortes d’ornements. Nous peignons même nos corps. Pourquoi? Pour nous protéger du froid bien sûr, mais aussi pour une raison bien plus profonde: nous définir de façon très fondamentale.

En prenant conscience de nous-mêmes, nous réalisons que nous sommes nus. Seuls quelques poils nous recouvrent. Les autres animaux de la forêt sont couverts de fourrure, de plumes, de poils, d’écailles, de coquilles ou d’une peau épaisse. Nous créons graduellement une nouvelle protection et commençons à nous éloigner encore davantage du processus de la vie naturelle.

LE PARADIS TERRESTRE

Les humains commencent probablement à porter des vêtements pour se protéger du froid et de la pluie. Certains trouvent dans l’histoire du paradis terrestre de la Bible l’explication de l’origine du vêtement. Selon la Bible, les symboles Adam et Ève furent chassés du paradis terrestre. Réalisant qu’ils sont nus, leur première réaction, une pudeur nouvelle, les porte à se couvrir. C’est le début de notre condescendance envers les autres espèces. Est-ce l’intervalle espace/temps dans le cerveau qui crée cette individualité? Le dogme du paradis terrestre nous renvoie à la honte de notre corps dénudé.

Nous commençons à couvrir nos corps de peinture, d’ornements et de peaux d’animaux, mais ce n’est ni par pudeur ni pour nous protéger du froid. Nous qui lisons ce texte, arrêtons-nous… Mettons ce livre de côté… et laissons notre vie se dérouler un moment; demandons-nous pourquoi nous portons ces vêtements et aussi pourquoi nous adoptons ce style particulier.

Avons-nous l’intention de projeter l’image d’une personne qui n’a aucun souci de son apparence? Les vêtements et les bijoux reflètent le statut social des gens, et sont porteurs de conventions. Les vêtements révèlent ce que nous sommes, comment nous nous percevons et comment nous souhaitons être perçus par les autres. Notre incertitude, notre hypocrisie et nos préjugés se trouvent accentués.

Nous, humains primitifs, portons des vêtements un peu comme nous le faisons encore aujourd’hui. Colliers, ceintures et autres ornements traduisent le prestige servant à nous distinguer de la masse. Avec l’éveil de la conscience de soi nous apparaît le sentiment d’être séparés et distincts des autres. Vient ensuite le désir de nous affirmer et d’être respectés d’eux. Il semble que ce soit la raison initiale qui nous incite à nous habiller. Enfermés dans notre rôle d’observateur, nous sommes séparés de l’objet observé.

Même après des millions d’années d’évolution, on se rend compte que le comportement humain d’aujourd’hui reflète souvent celui des primitifs. L’industrie entière de la publicité cherche à nous convaincre d’améliorer notre image: dentifrice, déodorant, bière, etc., nous rendent plus populaires. L’habillement est devenu un symbole de pouvoir dans notre société. Plus le costume est beau, plus l’homme est puissant et respecté. Son image est rehaussée s’il a une belle et jeune femme au bras. Les vêtements, les voitures, les maisons et autres gadgets de la société moderne remplacent les panaches de plumes, mais continuent de garantir à leur propriétaire le même respect qu’on portait au chef primitif.

(... suite de ce chapitre dans le livre)


Voici les différents sujets traités:
  • Le paradis terrestre
  • La couleur du sang
  • La ceinture
  • La Pudeur
  • Les périodes glaciaires
  • Les maladies causées par les peaux d’animaux
  • La réalité indivisible
  • Le Moyen Âge
  • Rencontres de partenaires sexuels
  • L’invention des vêtements
  • La mise en valeur de la poitrine
  • Les problèmes de cheveux
  • Les chapeaux
  • Qui sommes-nous sans vêtement?
  • Les chaussures
  • La toile de l’ignorance
  • Le kimono
  • Se cacher derrière les vêtements
  • La peinture du visage
  • Les dents
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