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Sil ny a pas une compréhension, non intellectuelle ou verbale, mais une compréhension actuelle profonde de notre nature et de notre structure, de ce que lon est et la possibilité daller au-delà, cette incompréhension nous fait vivre inévitablement confusion et contradiction avec un ensemble de dégâts et de chagrin.
J. Krishnamurti, The Impossible Question
Continuons notre thérapie cosmique, «rebirth», et voyons comment à travers les âges nous modifions nos habitudes dhygiène animale. Linstinct naturel des animaux les porte à se lécher. Cette habitude sest perdue depuis longtemps et nous lavons troquée contre un bout de tissu et une barre de savon. Cette nouvelle forme dhygiène affaiblit notre système immunitaire. En fait, les humains vivent longtemps dans la malpropreté et sy habituent. Le port du vêtement bloque les pores de la peau et empêche lévacuation naturelle des toxines. Le stress et la douleur senracinent dans nos esprits et nous nous conditionnons à dissimuler notre souffrance. Refouler sa souffrance, cest comme retenir une balle sous leau: tôt ou tard, elle rebondit violemment et fracasse notre conscience et notre monde.
UNE COURTE HISTOIRE RELATIVE À LHYGIÈNE
Le bain et le nettoyage
En ce début de XXIe siècle, il est difficile pour nous dimaginer que le bain, par mesure dhygiène strictement, soit un phénomène récent. À différentes périodes de lhistoire, il a même des buts rarement en rapport avec lhygiène. Depuis les temps les plus reculés, les humains ont plutôt été de répugnantes créatures. Pour les anciens Grecs, le bain bref, froid et tonifiant est ajouté aux habitudes de vie des gymnastes. Pour les anciens Romains islamiques, il est une forme de relaxation, de rafraîchissement et de bien-être du corps. Ils utilisent les bains de vapeur et se baignent dans une eau à température variable, contrairement aux Géorgiens de la vieille Russie qui alternent entre le bain de vapeur et une plongée dans leau glacée. Pour les Grecs et les Romains, le bain est seulement une incidence du nettoyage.
Le mot latin sanitas signifie santé et non pas enlever la saleté. Les bains turcs et les bains du Moyen ge reposent sur les mêmes croyances. Dans les monastères médiévaux, les bains nont aucun rapport avec lhygiène. Se baigner est dabord un rite symbolique, un nettoyage routinier ou, si leau est particulièrement froide et glacée, une pénitence. On a peu de motivation à séjourner dans leau glacée. Le seul plaisir quon y trouve est spirituel!
Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, on considère le bain comme un traitement médical, et le baigneur comme un patient. Après 1860, le bain redevient une routine de nettoyage dans leau froide, comme il la été dans les monastères... Avec la venue de leau chaude, on apprécie le bain, ce que les Romains ont fait bien avant!
Quand a-t-on commencé à prendre des bains? Nous pouvons émettre quelques hypothèses. Lawrence Wright, dans Clean and Decent, mentionne que les premiers humains vivent près de leau. Tout comme nous, ils ont besoin deau pour survivre. Des outils et autres instruments sont trouvés dans les lits des rivières. Wright pense que le premier bain est survenu quand un humain est tombé à leau par accident! En sortant, il aurait eu une sensation de rafraîchissement et le goût de recommencer. Il en parle aux membres du clan, qui ont remarqué une apparence améliorée. La curiosité aidant, tous auraient pris lhabitude de se baigner de façon régulière!
De façon générale, lhumanité utilise le bain comme mesure dhygiène depuis le XIXe siècle. Le Big Bang sest produit il y a environ quinze millions dannées et le premier humain est apparu il y a cinq millions dannées. Cette échelle comparative nous permet de réaliser que nous sortons tout juste de la jungle. Les premiers «baigneurs» ne sont pas nos ancêtres, mais plutôt nos grands-parents et nos arrière-grands-parents.
Un peu partout sur la terre, les cours deau ont servi et servent encore dégout: tant les eaux pluviales que les eaux usées y sont déversées. Les primitifs sen servent sûrement comme cabinets daisance et y jettent aussi leurs déchets. «Comme cest pratique leau courante: elle transporte déchets et excréments!» se disent-ils. Mais un cours deau descend et se jette dans un plus grand. Les gens vivant en aval utilisent aussi cette eau polluée pour boire et cuisiner. Ce nest que très graduellement quon arrive à boire et cuisiner en utilisant leau à la source du ruisseau. Lidée de créer une place spéciale pour le bain germe probablement dans le vécu de ces problèmes. On remue alors branches, roches et rochers et ainsi fabriquons les premiers bains! Wright pense que cette transformation a duré plusieurs milliers dannées.
Les primitifs sont impressionnés par le pouvoir de la nature, notamment celui de leau. Ils sentent une puissance qui les dépasse. Elle est là depuis longtemps avant eux et sera encore là longtemps après eux. Un sentiment de permanence en émane. Le murmure dun ruisseau ne contribue-t-il pas toujours à calmer les gens stressés?
(... suite de ce chapitre dans le livre)
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