| Les premières pages:
Le monde ainsi nous apparaît comme un amas de tissus compliqué dévénements, dans lesquels les connections de différentes sortes alternent ou se chevauchent, ou se coalisent et déterminent la texture du Tout.
Werner Heisenberg
LES EXERCICES POUR LE CORPS ET LESPRIT
Un esprit ordinaire perçoit ses courants de pensée comme continus mais, en réalité, ce nest pas le cas; comme nous le découvrirons pour nous-mêmes, il y a un espace vide entre chaque pensée. Quand une pensée a été, une autre pensée nest pas encore arrivée ; il y a là un vide dans lequel la nature de lesprit ne sest pas encore révélée. Le travail de la méditation est de permettre à la pensée de satténuer pour laisser ce vide devenir de plus en plus apparent.
Quand lesprit rationnel est silencieux, lintuition produit un mode déveil extraordinaire; lenvironnement est expérimenté de façon directe sans filtre de pensée conceptuelle. Dans les mots de Chuang Tzu, lesprit tranquille du sage est le miroir du paradis, et la terre la lunette (vitrine) de toute chose. Lexpérience de faire un avec lenvironnement qui nous entoure est la principale caractéristique de cet état de méditation. Cest un état de conscience ou toute fragmentation a cessé, disparaissant dans lunité indifférenciée.
Fritjof Capra, «Knowing and Seeing», The Tao of Physic.
Létat de mutation, de méditation, être partout, ailleurs, ici et nulle part en même temps, dans un état de perception globale, se définit ainsi: quand les cellules cérébrales interactives voient linattention dans le processus de lagir alors, «lattention est». Linattention est lagitation de nos pensées «réverbération» qui interviennent. Lobservateur (espace, temps, intervalle) sinfiltre alors dans lenchevêtrement des pensées, «séparant» le cerveau (mémoire) du corps et de son environnement, lequel est interactif, dynamique, fluctuant, spontané, interpénétré de tout lunivers.
Tous les événements, les lointains comme les plus proches, interagissent dans lunivers, par exemple chaque particule est au courant de ce que font les autres particules, spontanément.
Un de nos potentiels latents est que nous pouvons développer, à travers la méditation, lhabileté de fusionner notre conscience et notre sensibilité avec tout ce qui nous entoure et être «un» avec lunivers. La pratique de lAPPROCHE DO-HY nous met sur ce sentier.
Tel que soutenu par le bouddhisme Mahåyåna: «Quand lun est apposé contre tous les autres, lun est vu comme sinfiltrant dans eux tous et en même temps les embrassant tous en lui-même».
La découverte de ce réseau psychosomatique implique que le système nerveux nest pas une structure hiérarchique comme on le croyait. Cité par Capra, Candace Pert dit: «Les globules blancs du sang sont des particules du cerveau flottant dans le corps».
Ultimement, cela implique que la cognition est un phénomène qui sexpend dans tout lorganisme, opérant à travers un réseau chimique complexe de peptides qui sintègrent à nos activités mentales, émotionnelles et biologiques.
Fritjof Capra, The Web of Life
Rien nest plus approprié que lAPPROCHE DO-HY pratiquée sous une douche, dans un bain, une rivière, un lac ou une chute deau pour nous aider à comprendre que nous sommes une «naissance probable», intimement reliée avec lenvironnement. Nous sommes branchés à lénergie naissante et toujours en mouvement: «holomouvement». Sous la douche, les ions positifs et négatifs séquilibrent; quand leau rebondit sur le corps et les parois du mur, elle se fracasse. Leau par nature est plus dynamique et, dans cette ambiance, lAPPROCHE DO-HY a des effets très bénéfiques.
La physique quantique avance une nouvelle théorie voulant que toutes les particules atomiques soient spontanément interconnectées; cest le nouveau paradigme holographique. Les particules interactives du corps se dynamisent alors autant dans notre corps quautour de nous. Toutes les particules de notre corps savent ce qui se passe dans les autres particules et dans lenvironnement qui nous entoure; elles sont en corrélation.
Lentrée dans la salle deau est le moment de percevoir et de développer à travers la méditation notre habileté à fusionner (notre conscience fragmentée) à la conscience cosmique. Nous ressentons lintuition en réciprocité avec lénergie de lespace. Nous sommes alors lobservé de lobservateur. Notre conscience fait «un» avec les objets, à partir du plancher jusquau plafond de la salle deau. Les bouddhistes expliquent cet état à laide de lanalogie suivante: la perception doit être comme si cet espace était entièrement rempli deau et que nous étions cette eau.
Lintégration du momentum fluide sillustre aussi par limage de la goutte deau qui retrouve locéan. Cet océan quantique est lessence de la matrice holotropique à laquelle nous appartenons (ainsi soit-il). Cest être cette conscience fluide. À linstar des maîtres et des sages passés dans lhistoire de la terre, eux qui nous ont tout révélé, ceux-là mêmes que nous avons plutôt mystifiés et fragmentés en symboles, soyons notre propre maître, gourou, chaman, et devenons «un». Voilà la véritable essence de la vie.
(... suite de ce chapitre dans le livre)
|